Le harcèlement scolaire

Paroles de Juristes s’associe au Collectif d’Arts d’Art pour aborder un sujet trop longtemps resté tabou : le harcèlement en milieu scolaire. Ces dernières années, ce phénomène est sorti du silence avec la mise en place de différentes campagnes de prévention pour la lutte contre le harcèlement scolaire, mais également avec la diffusion de la série 13 reasons why. Avant de vous parler du projet des comédiens du collectif d’Arts d’Art, il convient d’expliquer ce qu’est le harcèlement scolaire.

Qu’est ce que le harcèlement scolaire ? 

La définition du harcèlement scolaire

De manière générale, l’article 222-33-2-2 du Code pénal sanctionne le fait de « harceler une personne par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale ». Il faut donc trois éléments : la violence physique ou morale, la répétitivité et l’isolement.

Plus précisément, le harcèlement scolaire se caractérise par des propos ou comportements répétés vis à vis d’un élève pouvant entrainer un isolement social, une chute des résultats scolaires allant parfois jusqu’aux pensées suicidaires.

Selon une enquête nationale de climat scolaire et de victimation, réalisée par la Direction d’Evaluation, de la Prospective et de la Performance (DEPP) rattachée au Ministère de l’Education nationale, parue en décembre 2017, le harcèlement scolaire n’a pas lieu uniquement au sein de l’établissement mais également dans les transports et sur internet. Il peut s’agir d’humiliations, de fausses rumeurs, d’insultes répétées mais aussi de bousculades, de vols etc.

La prévention

Luc Chatel a lancé les premières actions en 2011 avec l’ouverture d’un site http://www.nonauharcelement.education.gouv.fr/ et la mise en place de numéros gratuits 3020 (non au harcèlement) / 0800 200 000 (harcèlement sur internet).

Le site met à disposition des guides pédagogiques avec des plans de prévention et des outils de sensibilisation. Il explique également comment réagir face au harcèlement scolaire avec une rubrique pour chaque personne pouvant être concernée (auteur, victime, témoin, professionnel, parents de la victime ou de l’auteur).

Afin de toucher un plus grand nombre d’individus, un concours « non au harcèlement » a été créé depuis 5 ans. Il consiste à réaliser des affiches et des vidéos pour lutter contre le harcèlement.

La répression

Dans un premier temps, la victime peut prévenir la direction de l’établissement entraînant éventuellement un conseil de discipline. Mais elle peut également porter plainte contre le ou les auteurs. Les parents de ces derniers ne peuvent être tenus pour responsables au pénal mais peuvent être condamnés à des dommages et intérêts au civil pour indemniser la victime. Il en est de même si une faute du personnel éducatif est caractérisée.

Concernant les peines encourues, si l’auteur de harcèlement a moins de 13 ans, il sera condamné à des mesures et sanctions relevant de dispositifs spécifiques puisqu’il ne peut être condamné à de la prison ou à une amende. Si l’auteur a plus de 13 ans, il encourt 6 mois de prison et 7 500€ d’amende. Enfin, si l’auteur est majeur, il encourt 1 an de prison et 30 000€ d’amende.

Le projet du Collectif d’Arts d’Art

Paroles de Juristes s’est intéressé au projet du Collectif d’Arts d’Art, qui se trouve très en lien avec l’actualité et l’envie de lutter contre le harcèlement à l’école.

Un mot sur le Collectif d’Arts d’Art

Fondé en 2015, le collectif est composé de plusieurs comédiens. Après deux comédies, le collectif s’est donné une mission, intervenir dans les collèges et lycées pour sensibiliser les jeunes aux aléas du monde dans lequel ils évoluent. C’est dans cet objectif que le collectif mettra en scène, en 2019, la pièce « Froid » de Lars Noren, basée sur une histoire vraie, mettant en avant le sujet du racisme, de la violence gratuite et du harcèlement.

Le projet du Collectif d’Arts d’Art expliqué par le metteur en scène

« A la lecture de la pièce, je mesure immédiatement l’immense force de ce texte, qui est à la fois d’une violence inouïe et terriblement quotidien. Lars Noren utilise le vrai langage de notre époque pour retranscrire cette histoire basée sur des faits réels. Trois jeunes, paumés, abandonnés par la vie, enfermés dans une idéologie raciale transmise par leurs aînés et qui vont commettre l’irréparable. 

Je souhaite une mise en scène sobre, au plus près du texte. Pour qu’à la fin, chaque spectateur se dise « oui, nous pouvons tous être victimes, mais aussi tous être bourreaux ». 

Il nous a paru évident que ce texte, basé sur une histoire réelle, avait une vraie portée pédagogique. Les thèmes qui sont abordés dans cette pièce, comme l’embrigadement des plus faibles, le harcèlement et la persécution du « différent », correspondent à des situations que nous pouvons rencontrer dans notre quotidien. Et nous sommes intimement convaincus que le théâtre peut agir en prévention de certains comportements violents, présents dans notre société. Certes, c’est un texte très dur, mais qui ne laisse personne indifférent et qui fait réagir le public. Nous aimerions, après chaque représentation, proposer un débat avec le public autour de la pièce. »

Le résumé de la pièce

Dans la campagne suédoise, dernier jour de cours, dernier jour avant le passage à l’âge adulte. Trois jeunes lycéens se retrouvent dans un endroit isolé pour boire des bières et échanger leurs idées nationalistes. Ils attendent quelque chose. Ou quelqu’un. Un de leur camarade de classe, Karl, jeune suédois d’origine coréenne, adopté par une famille de riche suédois et fraîchement bachelier, a le malheur de croiser leur chemin. Le piège se referme sur Karl.

Paroles de Juristes vous invite à visiter leur page afin d’avoir plus de détails sur leur projet, qui, s’il aboutit, ne peut être que bénéfique pour la prévention du harcèlement scolaire.

Morgane Guillou

Diplômée du Master 2 Droit pénal des affaires de l’Université Paris Saclay