Un point sur les candidatures en Master 2 de droit avec Nicolas Gentile

Nicolas Gentile a récemment publié « Chronique d’un étudiant en M2 : Comment j’ai passé la sélection en Master de droit » et a accepté de nous livrer trois conseils destinés aux étudiants qui postulent en Master 2 de droit.

Présentez-vous en quelques mots. 

Diplômé du Master 2/MBA Droit des affaires et management-gestion de l’Université Panthéon-Assas (Paris II), j’effectue actuellement un Master of Laws (LLM) à l’University College London (UCL).

Quels sont vos conseils pour réussir ses candidatures en Master 2 ?

Il faut présenter une candidature irréprochable, personnalisée et vendeuse. Le CV et la lettre de motivation sont deux documents qui nécessitent une attention particulière : ils peuvent tout autant vous permettre de sortir du lot ou vous disqualifier d’office.

Une erreur régulièrement commise par les étudiants est d’utiliser la même lettre de motivation pour toutes les candidatures, en changeant simplement quelques éléments résiduels. Or, il faut garder en tête que chaque formation juridique présente des particularités dont il faut tenir compte. Tout directeur de formation appréciera de recevoir une lettre lui étant réellement adressée, reflétant une candidature réfléchie et mettant en avant un projet professionnel cohérent avec la formation demandée.

Le CV est également un document clé et reflète souvent la personnalité d’un candidat. Il doit donc être particulièrement réfléchi sur le fond et être parfait sur la forme. Il est souvent le support principal que le jury aura sous les yeux lors de l’entretien d’admission ; en ce sens il doit être stratégiquement pensé.
Si ces deux documents matérialisent votre motivation, vous êtes généralement dans la bonne direction.

Contacter les actuels/anciens étudiants pour obtenir des informations peut s’avérer utile. À l’heure de la sélection en Master 2 en droit, il y a une certaine guerre à l’information : vous devez donc être mieux informé que vos concurrents. Contacter les actuels (voire les anciens) étudiants du Master 2 en question vous permettra d’anticiper au mieux l’obstacle de la sélection, et éventuellement d’avoir un aperçu de l’envers du décors (il n’est pas rare que des étudiants soient déçus de leur Master 2).

Leur aide pourra s’avérer précieuse car ces interlocuteurs sont (souvent) les mieux placés pour répondre à vos questions : ils se les sont posés également et ont le recul nécessaire (contrairement à vous…) pour apporter les bons éléments de réponse. N’hésitez pas à solliciter plusieurs étudiants, vous gagnerez à la fois en transparence et en objectivité.

Cette démarche proactive vous sera d’une grande aide pour arriver à vos fins et pourra même vous éviter quelques déceptions. Ce conseil est également valable pour les recherches de stages.

Enfin, l’autocensure est fréquente chez les étudiants : ils ont tendance à considérer que leur dossier n’est pas à la hauteur des exigences d’un grand nombre de formations. Elle est particulièrement fréquente lorsqu’ils envisagent de postuler en vue d’intégrer une université et/ou une formation particulièrement réputée. Il est nécessaire de garder à l’esprit que les notes, bien qu’importantes, ne constituent pas un critère déterminant pour intégrer un Master 2. Chaque année, de nombreux étudiants ayant d’excellentes moyennes se voient refusés dans plusieurs Master 2, alors que d’autres s’étonnent de leur succès. Comme le rappelle si sagement le Professeur Patrick Morvan (préface) : « Rien n’est écrit : un parcours modeste (même avec une session de rattrapage ou un redoublement unique) peut conduire à un excellent Master 2 (ou à une formation équivalente) puis ouvrir à une carrière brillante ».

À l’inverse, il ne faut pas non plus être trop sûr de soi, d’autant plus lorsque l’admission est subordonnée à un entretien. Une préparation personnelle en vue de cette étape clé et déterminante s’avère indispensable pour se vendre au mieux.

Le bon conseil : ne pas tout miser sur une formation ou sur une université. Je formule généralement ce conseil aux étudiants en droit : plus votre dossier est « faible », plus vous devez déposer de candidatures pour vous assurer une place. En tout état de cause, prévoir d’effectuer au minimum une quinzaine de candidatures.

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Pour d’autres conseils sur la sélection en Master 2, n’hésitez pas à consulter son ouvrage « Chronique d’un étudiant en M2 ».

L’équipe de Paroles de Juristes a eu le plaisir d’y lire de précieux conseils non seulement pour les candidatures de Master 2 mais aussi pour le déroulement de ses études et l’amélioration de sa méthode de travail.

L’auteur aborde par exemple la question de la mobilité internationale : faut-il partir à l’étranger au cours de sa scolarité et si oui, à quel moment ? Il conseille de privilégier les départs pendant la licence. En partant en Master 1, il est en effet possible que des directeurs de Master 2 vous reproche de ne pas avoir suivi certaines matières. Ce point négatif n’est cependant pas présent lorsque vous vous orientez en droit international. Comme le note Nicolas Gentile, « si vous étudier le droit de l’arbitrage international à l’étranger plutôt qu’en France, cela n’est pas problématique ».

En conclusion : si ce départ est en cohérence avec votre projet professionnel : foncez ! Ce sera nécessairement un atout pour la suite.