Les principaux suspects de l’affaire Grégory – dernière partie

Près de trente-trois ans après les faits, l’affaire Grégory n’est toujours pas élucidée. Erreurs de procédure, faux-témoignages et mauvaises pistes : Paroles de Juristes revient sur les principaux suspects de cette saga judiciaire.

III – Juin 2017 : Marcel et Jacqueline Jacob / Murielle Bolle

Depuis l’ouverture de l’enquête sur la mort de leur fils, les époux Villemin se mobilisent pour que de nouvelles investigations soient régulièrement menées, afin que l’affaire ne se prescrive pas, et ne puisse être classée.

C’est ainsi que Marcel et Jacqueline Jacob – grand-oncle et grande-tante paternels du petit Grégory – sont mis en examen des chefs d’enlèvement et de séquestration suivie de mort en juin 2017, avant d’être placés en détention provisoire.

Ces mises en examen – qualifiées par la presse de ‘’ rebondissement spectaculaire ‘’ –  donnent un élan nouveau à l’affaire Grégory, qui demeure, depuis que Christine Villemin a été définitivement disculpée par la Cour d’appel de Dijon en 1994, un mystère complet.

La mise en examen et le placement en détention provisoire des époux Jacob reposent sur de nouvelles expertises graphologiques menées par les services de gendarmerie, qui concluent à la convergence entre l’écriture des époux et les lettres de menace envoyées à la famille Villemin à l’époque du crime. Les époux Jacob seraient donc les corbeaux de l’affaire, et en conséquence, les complices de l’assassin du petit Grégory.

Fin juin 2017, Murielle Bolle (déjà suspectée en 1984 de complicité dans l’affaire Grégory) est également mise en examen du chef d’enlèvement suivi de mort, et placée en détention provisoire.

Cette mise en examen fait suite au témoignage inédit d’un cousin germain qui soutient que Murielle Bolle a été contrainte par de violentes pressions familiales à se rétracter s’agissant des déclarations tenues devant les services de gendarmerie et le juge Lambert sur la culpabilité de son beau-frère, Bernard Laroche (pour plus de détails, voir première partie de l’article).

La confrontation organisée en juillet 2017 entre Murielle Bolle et son cousin ne permet cependant pas de confirmer ce témoignage, cette dernière maintenant les dépositions tenues en 1984 (au terme desquelles elle prétend avoir été contrainte par les gendarmes d’accuser son beau-frère, Bernard Laroche), tout comme son cousin, qui certifie que Murielle a été violement battue par sa famille la veille du jour où elle s’est rétractée.

Suite à cette confrontation, Murielle Bolle est remise en liberté et placée sous contrôle judiciaire, comme les époux Jacob.

Le mystère de l’affaire Grégory demeure donc présentement entier. Il faudra attendre la fin de l’instruction pour savoir si le magistrat instructeur choisira ou non de renvoyer les époux Jacob et Murielle Bolle devant la Cour d’assises afin qu’ils répondent de l’enlèvement et de la mort du petit Grégory.

Marion Lachaud, Diplômée d’un Master 2 Droit pénal des affaires.