Les principaux suspects de l’affaire Grégory – première partie

Près de trente-trois ans après les faits, l’affaire Grégory n’est toujours pas élucidée. Erreurs de procédure, faux-témoignages et mauvaises pistes : Paroles de Juristes revient sur les principaux suspects de cette saga judiciaire.

I – 1984 / 1985 : Bernard Laroche

Au lendemain de la découverte du corps du petit Grégory Villemin dans la Vologne, des investigations sans précédent sont entreprises par les services de gendarmerie, afin d’identifier l’auteur du meurtre.

Des centaines d’expertises graphologiques sont ainsi menées. Elles visent à identifier l’auteur des lettres de chantage que reçoit la famille Villemin depuis plus de quatre ans, qui est vraisemblablement l’assassin du petit Grégory. En effet, dans sa dernière lettre – qu’il poste le jour du crime, une demi-heure après l’enlèvement –  le corbeau revendique l’assassinat de Grégory, qu’il qualifie de « vengeance ».

Les experts graphologues rendent leurs premières conclusions le 30 octobre 1984, quatre jours après la découverte du corps du petit Grégory. Parce que son écriture converge avec celle du corbeau, et parce que sur la lettre de revendication du meurtre, a été découvert le foulage (empreinte en relief au verso d’un papier, laissée par la pression exercée sur la feuille précédente) « LB », initiales correspondant à sa signature, Bernard Laroche, cousin germain de Jean-Marie Villemin (père de Grégory Villemin), est désigné comme principal suspect.

Ces suspicions sont renforcées par les déclarations de Murielle Bolle, belle-sœur de Bernard Laroche, qui, entendue le 2 novembre 1984 par les services de gendarmerie, affirme – avant de se rétracter 4 jours plus tard – que son beau-frère est venu la chercher au collège le jour du meurtre, et que le petit Grégory se trouvait alors dans sa voiture. Elle précise que Bernard Laroche l’a emmené près de la Vologne, et qu’il a regagné seul sa voiture.

Bernard Laroche est mis en examen des chefs d’enlèvement et d’assassinat. Il est placé en détention provisoire jusqu’en février 1985. Au mois de mars 1985, il est abattu d’un coup de fusil devant son domicile par Jean-Marie Villemin, qui est persuadé de sa culpabilité.

Ce geste, qui empêche d’établir le rôle véritable de Bernard Laroche dans la mort du petit Grégory, conduit le juge Lambert à désigner un nouveau suspect : Marie-Christine Villemin, mère de Grégory Villemin (pour découvrir ce nouveau suspect : cliquer ici).

Marion Lachaud, Diplômée d’un Master 2 Droit pénal des affaires